Les oestrogènes pendant la périménopause

Article revu et validé par :

 Christian Boyer
Christian Boyer
Dr en Biologie de la Santé - Nutritionniste

Comprendre le rôle des œstrogènes pendant la périménopause est essentiel pour anticiper les bouleversements du corps. Durant cette transition, la fluctuation de ces hormones clés influence votre énergie et votre moral. Découvrez comment naviguer sereinement durant la périménopause en décryptant ces mécanismes biologiques et leurs solutions.

Les trois principaux types d'oestrogènes

On parle souvent des “œstrogènes” de manière générale, mais il en existe en réalité trois principaux types, qui ont des rôles et des origines différentes.

L’estradiol (E2) est l’œstrogène principal chez la femme en âge de procréer. Il est produit par les follicules ovariens au cours du cycle menstruel et c’est le plus puissant sur le plan biologique, avec de nombreux effets sur l’organisme. C’est sa diminution en préménopause et sa chute brutale à la ménopause qui peut être à l’origine de nombreux symptômes de la comme les bouffées de chaleur, les troubles du sommeil, la sécheresse vaginale, la fatigue ou encore les variations d’humeur.

L’estrone (E1) est principalement produite par le tissu adipeux et les glandes surrénales. Après la ménopause, l’estrone (E1) devient la principale forme d’œstrogène dans l’organisme mais son activité hormonale est plus faible que celle de l’estradiol. Elle ne compense donc que très partiellement la baisse de l’estradiol. 

L’estriol (E3) est un œstrogène particulier surtout produit pendant la grossesse par le placenta. Son activité œstrogénique est plus faible.

Le rôle des œstrogènes chez la femme

Les œstrogènes ne sont pas de simples "hormones de la reproduction" ; ce sont de véritables messagers multitâches qui influencent la quasi-totalité de l'organisme féminin. Produits principalement par les ovaires, ils circulent dans le sang et se fixent sur des récepteurs situés dans le cerveau, les os, le cœur, la peau et, bien sûr, le système reproducteur.

Les œstrogènes, et en particulier l’estradiol, jouent un rôle essentiel dans de nombreux mécanismes de l’organisme, bien au-delà de la fertilité.

  • Ils participent d’abord à la régulation du cycle menstruel, en favorisant l’épaississement de l’endomètre afin de préparer l’utérus à une éventuelle grossesse.
  • Ils contribuent également à la santé osseuse, en freinant la dégradation du tissu osseux et en soutenant l’activité des cellules responsables de la formation de l’os (les ostéoblastes). C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles le risque d’ostéoporose augmente après la ménopause.
  • Les œstrogènes jouent aussi un rôle important dans la protection cardiovasculaire. Ils favorisent la bonne dilatation des vaisseaux sanguins, améliorent la circulation sanguine et contribuent à maintenir un profil lipidique plus favorable (niveaux de cholestérol)
  • Ils interviennent également dans l’équilibre émotionnel, en influençant la production et l’action de certains neurotransmetteurs comme la sérotonine et la dopamine, impliqués dans l’humeur, la motivation et le bien-être général.
  • Enfin, les œstrogènes participent à la santé de la peau et des muqueuses en stimulant la production de collagène, en favorisant l’hydratation des tissus et en soutenant l’élasticité cutanée.

Comment évoluent les œstrogènes pendant la périménopause ?

Contrairement à une idée reçue, la chute des œstrogènes n'est pas linéaire. La préménopause se caractérise plutôt par une instabilité hormonale. On assiste souvent à des "montagnes russes" : le corps, sentant que les ovaires s'essoufflent, envoie des signaux de plus en plus forts (via l'hormone FSH) pour essayer de stimuler la production d'œstrogènes.

Il n'est donc pas rare de connaître des phases d'hyperœstrogénie (trop d'œstrogènes) alternant avec des phases d'hypoœstrogénie (pas assez). C'est ce chaos hormonal qui définit les hormones pendant la préménopause et qui explique pourquoi vous pouvez vous sentir différente d'un cycle à l'autre. À mesure que l'on s'approche de la ménopause, la production finira par décliner de manière permanente.

Les symptômes d’une baisse des œstrogènes

Lorsque les niveaux d'œstrogènes commencent à flancher de manière significative, le corps envoie des signaux d'alerte variés. Chaque femme est unique, mais certains signes ne trompent pas :

  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes : le manque d'œstrogènes perturbe le centre de régulation thermique.
  • Sécheresse muqueuse : cela se manifeste souvent par une sécheresse vaginale ou oculaire, ainsi qu'une perte d'élasticité de la peau.
  • Troubles de l'humeur : irritabilité, anxiété ou épisodes dépressifs sont fréquents.
  • Fatigue et troubles du sommeil : difficultés à s'endormir ou réveils précoces liés à la baisse hormonale.
  • Douleurs articulaires : les œstrogènes ayant un rôle anti-inflammatoire, leur baisse peut réveiller des sensibilités articulaires.

Les solutions naturelles pour soutenir les œstrogènes

Il est tout à fait possible de soutenir son système endocrinien par des méthodes douces et une hygiène de vie adaptée.

  1. L'alimentation : privilégiez les phyto-œstrogènes (soja bio,  légumineuses) qui miment l'action des œstrogènes dans le corps de façon légère. Consommez des oméga-3 (petits poissons gras, huile de colza) pour soutenir le système nerveux.
  2. La phytothérapie : certaines plantes sont des alliées précieuses. Le trèfle rouge ou la sauge aident à réguler les bouffées de chaleur, tandis que l'actée à grappes noires agit sur l'équilibre hormonal global.
  3. La gestion du stress : la chute des œstrogènes peut rendre l’organisme plus sensible au stress et aux variations de cortisol, l’hormone du stress. Des pratiques comme le yoga, la méditation ou la cohérence cardiaque peuvent aider à mieux réguler le stress et à soutenir l’équilibre global.
  4. Le mouvement : une activité physique régulière aide à maintenir la densité osseuse et améliore la sensibilité des récepteurs hormonaux.

Quand faut-il envisager un traitement hormonal ?

Malgré toutes les solutions naturelles, la qualité de vie de certaines femmes reste fortement impactée. Si les symptômes (insomnies sévères, dépression, bouffées de chaleur invalidantes) empêchent de mener une vie normale, il est temps de consulter.

Le THM (Traitement Hormonal de la Ménopause), ou traitement substitutif, peut être envisagé. Aujourd'hui, les médecins privilégient souvent des hormones "bio-identiques" (dont la structure est identique à celle produite par le corps) par voie cutanée pour les oestrogènes et par voie vaginale ou orale (ovules) pour la progestérone.

L'important est d'en discuter avec un professionnel de santé (gynécologue en particulier) pour évaluer le rapport bénéfice/risque en fonction de vos antécédents médicaux. Il n'y a aucune fatalité : la périménopause est une transition, pas une maladie, et des solutions existent pour chaque femme.