Les hormones pendant la périménopause

Article revu et validé par :

 Christian Boyer
Christian Boyer
Dr en Biologie de la Santé - Nutritionniste

La ménopause est souvent considérée comme une période prolongée de changements et de bouleversements. Pourtant, sur le plan médical, il s’agit d’un événement précis et d’un jour précis : elle est définie rétrospectivement comme le moment où une femme n’a pas eu de règles pendant 12 mois consécutifs.

Ce sont en réalité les années qui l’entourent qui constituent la véritable phase de transition hormonale. La périménopause correspond à cette période de transition qui englobe les différentes étapes allant de la préménopause jusqu’à la postménopause. La préménopause est la période qui précède la ménopause. La post-ménopause correspond à la période qui débute immédiatement après la ménopause, et qui peut s’étendre sur de nombreuses années.

Durant la phase de préménopause, les œstrogènes et la progestérone ne diminuent pas de manière linéaire : ils varient, montent, descendent, créant des cycles irréguliers et des symptômes parfois déroutants. Ces variations, bien que souvent invisibles, sont ressenties au quotidien. Elles peuvent influencer le cycle menstruel, le sommeil, l’humeur, la libido, l’énergie ou encore la gestion du stress.

Après la ménopause débute la post-ménopause. Cette période qui s’installe une fois les cycles définitivement arrêtés correspond à l’installation d’un “nouvel équilibre hormonal”, avec une baisse durable et drastique des hormones ovariennes (oestrogènes et progestérone). Certaines femmes continuent de ressentir des manifestations physiques ou émotionnelles, tandis que d’autres traversent cette phase avec davantage de stabilité.

Comprendre ces différentes étapes permet de mieux vivre cette transition et d’adapter son hygiène de vie, son alimentation et son rythme à cette nouvelle réalité hormonale.

Les principales fluctuations hormonales durant la périménopause

Les oestrogènes durant toute la phase de périménopause

Les oestrogènes sont produits par les ovaires et influencent le cycle menstruel, la régulation de la température corporelle, la santé osseuse, l’humeur et la libido. En préménopause, leur production devient erratique : certains mois elle peut être plus élevée qu’avant, d’autres mois elle peut chuter. Cela crée un effet «montagne russe» hormonal caractéristique de cette phase. Cependant avec l’avancée de la préménopause on assiste d’une manière globale à une chute progressive des oestrogènes (qui débute généralement un peu après la chute de la progestérone) jusqu’à une chute drastique et durable à la ménopause.

La progestérone durant toute la phase de périménopause

Durant la préménopause, la progestérone est souvent produite en quantité moindre en raison d’ovulations moins qualitatives. Cette diminution de progestérone perturbe l’équilibre féminin, et peut favoriser l’apparition de symptômes tels que des cycles menstruels irréguliers, des règles plus douloureuses et/ou abondantes et l’apparition d’une syndrome prémenstruel qui peut être caractérisé par des douleurs mammaires, une irritabilité accrue ou des troubles du sommeil avant les règles (durant la phase lutéale).La diminution des niveaux de progestérone débute généralement avant la diminution des niveaux d’oestrogènes. A partir de la ménopause, comme pour les oestrogènes, on assite à une chute drastique de la progestérone.

FSH et LH

FSH et LH sont deux hormones produites par le cerveau (par l’hypophyse) qui pilotent le fonctionnement des ovaires et le cycle menstruel.

FSH (Hormone Folliculo-Stimulante) :
Son rôle est de stimuler les ovaires en début de cycle. Elle permet la maturation des follicules ovariens, c’est-à-dire les petits sacs qui contiennent les ovules. Ces follicules vont aussi produire des œstrogènes (oestradiol E2).

LH (Hormone Lutéinisante) :
La LH intervient surtout au moment de l’ovulation. Une forte augmentation de LH déclenche la libération de l’ovule par l’ovaire. Après l’ovulation, elle aide également à la formation du corps jaune, qui produit de la progestérone.

Durant la phase de préménopause les hormones FSH et LH, produites par l’hypophyse, voient leur fonctionnement se modifier pour tenter de compenser le déclin progressif de la production ovarienne. La FSH commence souvent à augmenter bien avant la ménopause. Il s’agit d’ailleurs de l’un des premiers signes biologiques de l’entrée en préménopause. Les ovaires deviennent progressivement moins sensibles aux signaux envoyés par le cerveau et pour compenser, l’hypophyse augmente la production de FSH. La hausse de la FSH est donc un phénomène qui traduit simplement une communication hormonale un peu moins efficace entre le cerveau et les ovaires.

Cette phase de transition peut s’étendre sur plusieurs années. Durant cette période, les taux hormonaux peuvent fluctuer : la FSH peut être normale un mois, plus élevée le suivant, puis redescendre. Ces variations hormonales expliquent pourquoi les cycles menstruels deviennent souvent irréguliers : les ovulations peuvent s’espacer, les règles être parfois plus abondantes… ou au contraire peu abondantes.

La LH (Hormone Lutéinisante) évolue différemment elle reste souvent relativement stable au début de la périménopause. Son augmentation est plus tardive et généralement moins marquée que celle de la FSH.

À la ménopause, les taux de FSH et de LH deviennent durablement élevés. Une LH également élevée, surtout lorsque la FSH est encore plus augmentée, est typiquement évocatrice d’un état de ménopause. La FSH dépasse généralement 30 UI/L et peut atteindre des valeurs beaucoup plus importantes, plusieurs centaines d’UI/L.

Quels sont les effets des variations hormonales ?

Les vagues hormonales caractéristiques de la périménopause se traduisent par une diversité de symptômes qui varient beaucoup d’une personne à l’autre :

  • Cycles irréguliers : les fluctuations d’œstrogènes et de progestérone peuvent entraîner des cycles plus courts ou plus longs, parfois absents, et souvent difficiles à prévoir.

  • Bouffées de chaleur et sueurs nocturnes : des chutes soudaines d’œstrogènes perturbent le thermostat interne du corps.

  • Troubles du sommeil : la progestérone a un effet calmant sur le cerveau ; quand elle baisse, l’endormissement et la qualité du sommeil peuvent être affectés.

  • Sautes d’humeur, anxiété, irritabilité : les hormones influencent les neurotransmetteurs comme la sérotonine, ce qui peut jouer sur l’état émotionnel.

  • Déclin de la libido, sécheresse vaginale : liés à la baisse d’œstrogènes et à l’impact sur les tissus vulvo-vaginaux.

  • Prise de poids, variation de la composition corporelle : les changements hormonaux modifient aussi le métabolisme et la sensibilité à l’insuline, et peuvent également être à l’origine de problématique de rétention d’eau.

Ces symptômes peuvent parfois être intenses et perturber le quotidien, car ils combinent des effets physiques et émotionnels.

Pourquoi ces changements hormonaux surviennent-ils ?

La périménopause n’est pas une maladie : c’est une transition biologique vers la fin de la fertilité. Elle survient parce que :

  • La réserve ovarienne diminue : avec l’âge, les ovaires ont moins de follicules capables de libérer des œufs et produire des hormones.

  • Les boucles de rétroaction endocrinienne se dérèglent : moins d’œstrogènes signifie que le cerveau envoie plus de FSH, ce qui, paradoxalement, ne suffit pas toujours à stabiliser la production hormonale.

  • Les signaux hormonaux deviennent erratiques : l’interaction entre œstrogènes, progestérone, FSH et LH devient moins cohérente, entraînant des hauts et des bas imprévisibles.

En somme, ce n’est pas seulement une baisse linéaire d’hormones : c’est un changement progressif du système de régulation lui-même.

Comment accompagner ces fluctuations hormonales ?

Traitement hormonal

Lorsque les symptômes de la premenopause ou de la ménopause deviennent difficiles à vivre, un professionnel de santé (médecin, gynécologue ou sage-femme) peut proposer un traitement hormonal de la ménopause (THM).

Ce traitement vise à compenser la baisse naturelle des hormones féminines, principalement les œstrogènes et la progestérone, dont la production diminue progressivement avec l’âge.

Contrairement à la contraception hormonale, qui bloque l’ovulation et crée un cycle artificiel, le traitement hormonal de la ménopause a pour objectif de remplacer les hormones que l’organisme ne produit plus suffisamment. Il peut ainsi aider à réduire certains symptômes (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, fatigue, etc.) et contribuer à l’équilibre global de l’organisme.

Aujourd’hui, certains traitements utilisent des hormones dites bio-identiques, dont la structure est identique à celle des hormones naturellement produites par le corps.

Par ailleurs, les connaissances scientifiques ont évolué ces dernières années. Les autorités sanitaires américaines (FDA) ont récemment réévalué certaines recommandations concernant les traitements hormonaux, en reconnaissant leurs bénéfices potentiels pour la santé des femmes lorsqu’ils sont prescrits de manière adaptée et individualisée.

Solutions non hormonales

Il existe également de nombreuses approches non hormonales qui peuvent aider à mieux vivre la périménopause.

L’hygiène de vie joue aussi un rôle majeur. Plusieurs leviers peuvent faire une réelle différence :

  • Alimentation équilibrée, Adopter une alimentation équilibrée peut aider à mieux vivre la ménopause. Il est conseillé de privilégier des aliments riches en fibres (légumes et légumes racines, fruits, légumineuses, céréales semi-complètes) pour soutenir le microbiote et la régulation de la glycémie.Un apport suffisant en protéines ainsi qu’en nutriments clés comme le calcium, la vitamine D et la vitamine K (particulièrement la K2) contribue également à préserver la masse musculaire et la santé osseuse.Enfin, favoriser les bonnes graisses (notamment les oméga-3) et limiter les produits ultra-transformés, les sucres raffinés et l’alcool peut aider à soutenir l’équilibre métabolique et cardiovasculaire.
  • Activité physique régulière, bénéfique pour l’énergie, l’humeur, la régulation du poids et la santé osseuse
  • Gestion du stress et qualité du sommeil : mettre en place des routines apaisantes le soir, comme la méditation ou la cohérence cardiaque, et limiter l’exposition aux écrans et à la lumière bleue en fin de journée.

Certains compléments alimentaires peuvent également être envisagés pour soutenir l’équilibre hormonal.

Quand consulter un professionnel ?

Il est conseillé de consulter un professionnel de santé lorsque :

  • les symptômes deviennent importants ou impactent la qualité de vie

  • des saignements inhabituels, très abondants ou des douleurs importantes apparaissent

  • vous souhaitez discuter d’un traitement hormonal ou d’approches alternatives

Un professionnel formé à la santé hormonale pourra évaluer votre situation, proposer un accompagnement personnalisé et, si nécessaire, demander des examens complémentaires.

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 Christian Boyer
Christian Boyer
Dr en Biologie de la Santé - Nutritionniste