Tout savoir sur la période de périménopause : guide complet pour comprendre, vivre et accompagner cette étape

Article revu et validé par :

 Christian Boyer
Christian Boyer
Dr en Biologie de la Santé - Nutritionniste

La périménopause  est une période charnière dans la vie d’une femme. Ainoha propose de la définir comme l’ensemble de la transition hormonale féminine : elle débute avec les premières variations hormonales (préménopause) et se poursuit jusqu’à la stabilisation hormonale après la ménopause, appelée post-ménopause.

Cette phase de transition hormonale, souvent mal comprise, est pourtant essentielle à connaître. Dans cet article, nous abordons sa définition, ses symptômes, sa durée, ses impacts sur la santé, les options de prise en charge médicale, ainsi que des conseils pratiques et certaines idées reçues.

Qu’est-ce que la périménopause ?

La périménopause signifie littéralement « autour de la ménopause ». Elle correspond à la période de transition hormonale qui entoure cet événement. Pourtant, dans le langage courant, elle est souvent confondue avec la préménopause, qui ne représente en réalité que la phase de début des premières variations hormonales.

Afin de mieux clarifier cette étape clé de la vie hormonale féminine, Ainoha a choisi de redéfinir la périménopause (différence entre la périménopause et la préménopause) comme l’ensemble de la période de transition hormonale chez la femme : depuis les premières fluctuations hormonales (période de préménopause) jusqu’à la période de stabilisation après la ménopause, appelée post-ménopause

La périménopause est une étape importante car elle marque une véritable transition dans la vie hormonale d’une femme. Elle correspond à la période qui entoure la ménopause, avec un “avant” et un “après”. Avant, l’organisme fonctionne avec des cycles hormonaux encore actifs, même s’ils deviennent plus irréguliers. Après la ménopause, un nouvel équilibre hormonal s’installe, avec des niveaux d’œstrogènes et de progestérone durablement plus faibles. Cette vision permet de mieux comprendre les changements qui peuvent survenir durant cette phase et d’accompagner les femmes de manière plus adaptée, et ce bien avant la ménopause. 

 Découvrez notre article de blog sur ce sujet : Qu’est-ce que la périménopause ?

À quel âge peut débuter la préménopause et combien dure-t-elle ?

La préménopause, est donc la période de transition avant l’arrêt définitif des cycles, c’est à dire l’arrêt de l’ovulation, se traduisant donc par l’arrêt des menstruations. Cette phase de préménopause commence lorsque les ovaires réduisent progressivement leur production d’hormones sexuelles, notamment les œstrogènes et la progestérone, entraînant une série de changements physiologiques. Contrairement à la ménopause dont la définition médicale est l’absence de règles depuis 12 mois consécutifs, la période de préménopause est marquée par des fluctuations hormonales et parfois des irrégularités des cycles. Cette phase de préménopause peut débuter dès 35 ans chez certaines femmes. Cela ne signifie toutefois pas que la fertilité est immédiatement compromise ni que la ménopause est imminente : cette période de préménopause peut durer de nombreuses années avant l’arrêt définitif des cycles.

 Découvrez nos articles de blog sur ce sujet : Quel est l’âge moyen de la préménopause ? et combien de temps dure la périménopause ?

Pourquoi la préménopause survient-elle ?

La préménopause correspond à une phase physiologique de transition vers la ménopause. Elle débute lorsque les ovaires commencent à fonctionner de manière moins régulière, en raison de la diminution progressive du nombre et de la qualité des follicules ovariens. Cette évolution perturbe l’ovulation et entraîne des cycles menstruels plus irréguliers, parfois plus longs, plus courts, voire occasionnellement sans ovulation ce qui entraîne une absence de règles.

Sur le plan hormonal, cette période est surtout marquée par des fluctuations importantes des hormones sexuelles. La progestérone a tendance à diminuer en premier. En effet, la qualité du corps jaune (la structure qui se forme après l’ovulation) diminue avec l’âge et l’avancée dans la préménopause, ce qui réduit la production de progestérone.

Dans le même temps, les œstrogènes peuvent rester relativement stables, voire parfois augmenter. Le cerveau tente en effet de stimuler les ovaires en sécrétant davantage de FSH pour recruter des follicules, ce qui peut temporairement maintenir la production d’œstrogènes. Au fil des années, les follicules deviennent cependant moins sensibles aux signaux hormonaux envoyés par le cerveau (hypophyse). Les ovulations deviennent plus rares, les cycles s’espacent, et les œstrogènes finissent à leur tour par diminuer progressivement, jusqu’à l’arrêt définitif des règles qui marque la ménopause.

Ces fluctuations hormonales caractéristiques de la préménopause peuvent influencer de nombreuses fonctions de l’organisme et se manifester par des changements d’énergie, de sommeil, d’humeur, de libido ou de confort intime, avec une intensité très variable selon les femmes.

Les symptômes les plus fréquents de la préménopause

Les symptômes de la préménopause varient beaucoup d’une femme à l’autre, tant par leur nature que par leur intensité. Ils sont principalement liés aux fluctuations hormonales qui caractérisent cette période de transition.

Au début, les manifestations traduisent souvent une baisse relative de la progestérone. Cela peut se traduire par une accentuation du syndrome prémenstruel (SPM), des cycles plus courts, des règles parfois plus abondantes ou encore des spottings prémenstruels. Les cycles menstruels deviennent également plus irréguliers, alternant entre périodes plus longues et plus courtes.

Avec le temps, lorsque la production d’œstrogènes commence à diminuer, d’autres signes peuvent apparaître. Parmi les plus fréquents figurent les bouffées de chaleur, les sueurs nocturnes, des troubles du sommeil et une fatigue persistante. Des changements au niveau de la peau et des muqueuses peuvent aussi survenir, comme une sécheresse cutanée ou vaginale, parfois associée à une baisse de la libido.

Cette transition hormonale peut également influencer l’équilibre émotionnel et cognitif : irritabilité, variations de l’humeur, anxiété, difficultés de concentration ou sensation de « brouillard mental » peuvent apparaître. Certaines femmes rapportent aussi des douleurs articulaires ou musculaires, une prise de poids progressive ou encore des palpitations.

L’intensité et la combinaison de ces symptômes restent cependant très variables selon les femmes, certaines traversant cette période avec peu de manifestations, tandis que d’autres ressentent davantage les effets de ces fluctuations hormonales.

 Découvrez notre article de blog sur ce sujet : les symptômes de la périménopause.

Comment diagnostiquer la préménopause ?

L’entrée en préménopause ne se détecte pas “directement” par un bilan sanguin.. À l’inverse, la ménopause est plus facilement identifiable biologiquement, avec des taux d’œstrogènes et de progestérone bas associés à une élévation de la FSH et de la LH.

Il est donc surtout essentiel d’apprendre à observer et à comprendre les signaux envoyés par le corps, qui reflètent les premiers changements hormonaux durant cette phase de préménopause.

Les premiers changements peuvent être subtils : cycles menstruels qui se modifient, apparition ou accentuation d’un syndrome prémenstruel (SPM), sommeil moins réparateur, variations d’énergie ou d’humeur, fatigue inhabituelle, baisse de libido ou sensibilité émotionnelle plus marquée.

La préménopause est avant tout une transition biologique naturelle qui invite à l’écoute de soi, à l’observation bienveillante et à l’accompagnement, afin de mieux traverser cette période de transformation. Découvrez notre article de blog sur ce sujet : Comment savoir si on est en préménopause ?

Peut-on avoir des bouffées de chaleur en préménopause ?

Contrairement à une idée reçue, les bouffées de chaleur ne sont pas réservées à la ménopause. Elles peuvent apparaître dès la préménopause.

En effet, durant cette période, les hormones ne chutent pas encore de manière définitive mais elles fluctuent fortement, en particulier les œstrogènes. Ces variations hormonales peuvent perturber le centre de régulation de la température situé dans l’hypothalamus, ce qui peut provoquer des sensations soudaines de chaleur, parfois accompagnées de rougeurs ou de sueurs.

Ainsi, la présence de bouffées de chaleur ne signifie pas forcément qu’une femme est déjà ménopausée. Elles peuvent simplement refléter les premières fluctuations hormonales de la préménopause, une phase de transition qui peut durer plusieurs années avant l’arrêt définitif des règles.

Si vous souffrez de bouffées de chaleur ou d’autres symptômes gênants, n’hésitez pas à consulter un professionnel de santé, qui pourra vous orienter vers les solutions les plus adaptées à votre situation.

Prise en charge de la périménopause

La prise en charge de la périménopause repose sur une approche personnalisée, tenant compte de l’intensité des symptômes, de l’état de santé global et des préférences de chaque femme. Lorsque les manifestations deviennent gênantes, une prise en charge médicale peut être envisagée en concertation avec un professionnel de santé.

Le traitement hormonal substitutif (THS) peut être proposé dans certains cas avant la ménopause. En effet, contrairement à une idée reçue, le traitement hormonal (THS) n’est pas réservé uniquement à la ménopause : dans certains cas, il peut également être proposé dès la préménopause, lorsque les symptômes liés aux fluctuations hormonales deviennent gênants et altèrent la qualité de vie. Selon la situation de chaque femme, le professionnel de santé peut ainsi proposer de la progestérone seule, ou une association de progestérone et d’œstrogènes, en adaptant la prise en charge au cas par cas.

Le THS peut notamment contribuer à réduire les bouffées de chaleur, améliorer la qualité du sommeil et de l'humeur et jouer un rôle dans la prévention de la perte osseuse.

Des approches non hormonales peuvent également être envisagées afin d’accompagner cette période de transition et d’atténuer certains symptômes. Le recours à certains compléments alimentaires ciblés peut notamment apporter un soutien intéressant.

En préménopause, notamment en cas de syndrome prémenstruel (SPM), le gattilier ainsi que les huiles d’onagre et de bourrache sont traditionnellement utilisés pour soutenir l’équilibre hormonal féminin. Le gattilier agit principalement sur la régulation du cycle et l’équilibre entre œstrogènes et progestérone. Les huiles d’onagre et de bourrache, riches en acides gras essentiels, contribuent quant à elles au confort féminin et peuvent aider à atténuer certains symptômes liés aux fluctuations hormonales.

À la ménopause, d’autres approches peuvent être proposées, pour aider à réduire les bouffées de chaleur et certains autres symptômes liés à la baisse des œstrogènes. On peut citer le trèfle rouge, les isoflavones de soja (notamment l’équol) ou encore l’actée à grappes noires, souvent utilisées en complémentation.Le trèfle rouge et l’équol agissent principalement grâce à leur activité phyto-œstrogénique, c’est-à-dire leur capacité à se lier aux récepteurs des œstrogènes et à mimer partiellement leurs effets dans l’organisme. Ce mode d’action explique leur utilisation pour aider à atténuer certains symptômes de la ménopause, notamment les bouffées de chaleur et certains inconforts liés à la baisse hormonale.

Des traitements locaux, comme les lubrifiants ou les soins vaginaux, permettent de soulager la sécheresse intime qui peut apparaître.

Quel que soit le choix thérapeutique, il est essentiel d’en discuter avec un professionnel de santé.

Par ailleurs, il est important de rappeler que tant que les règles sont présentes, une grossesse reste possible durant la période de préménopause. Préménopause ne signifie donc pas une disparition de la fertilité ! contrairement à la ménopause. Il demeure ainsi essentiel de maintenir une contraception adaptée pendant la préménopause si une grossesse n’est pas souhaitée.

Découvrez notre article de blog sur ce sujet : Comment prendre en charge la préménopause ?

Conseils pratiques pour mieux vivre cette période de périménopause 

Même sans recours à un traitement médical, ajuster son mode de vie peut aider à réduire les symptômes de la périménopause et favoriser son bien-être global. Une alimentation équilibrée, riche en calcium, en vitamines et en nutriments essentiels jouent un rôle clé dans le maintien de la santé osseuse et du métabolisme. La pratique d’une activité physique régulière aide non seulement à préserver la masse osseuse et musculaire, mais aussi à soutenir l’humeur, la gestion du stress et la qualité du sommeil.

Accorder une attention particulière au sommeil et à la gestion du stress est également essentiel, car les fluctuations hormonales peuvent perturber les rythmes biologiques. Réduire la consommation d’alcool et arrêter le tabac permet par ailleurs de limiter certains symptômes, notamment les bouffées de chaleur, et de préserver la santé cardiovasculaire.

Sur le plan émotionnel, un soutien psychologique peut s’avérer bénéfique lorsque les variations de l’humeur, l’anxiété ou la sensibilité émotionnelle deviennent plus marquées. Les thérapies comportementales ou un accompagnement psychologique offrent un espace d’écoute et des outils concrets pour mieux traverser cette période de transition.

Découvrez notre article de blog sur ce sujet : Les solutions naturelles pour une transition vers la périménopause réussie.

Foire aux questions (FAQ)

La périménopause est-elle une maladie ?

Non : c’est une phase naturelle de la vie reproductive, marquée par des changements hormonaux progressifs. Ces changements débutent durant la période de préménopause et finissent par se stabiliser après la ménopause (en post-ménopause) avec la chute drastique et durable des hormones féminines.

Peut-on tomber enceinte pendant la périménopause ?  

Oui : en préménopause la femme reste fertile même si l’ovulation peut être de moindre qualité et les niveaux d’hormones non optimaux. Tant que les règles ne se sont pas arrêtées depuis 12 mois (définition médicale de la ménopause), la fertilité est encore possible et une contraception adaptée est recommandée si une grossesse n’est pas désirée. Découvrez notre réponse plus détaillée ici : Peut-on tomber enceinte pendant la préménopause ?

Tous les symptômes de la périménopause sont-ils permanents ?


Non : Les symptômes liés à la périménopause ne sont pas tous permanents. Ils sont surtout liés aux fluctuations hormonales de la préménopause et à la chute drastique des hormones à la ménopause.

En préménopause, les fluctuations hormonales peuvent entraîner des cycles irréguliers, un syndrome prémenstruel plus marqué ou encore des règles plus douloureuses, des symptômes qui vont naturellement prendre fin avec l’arrêt définitif des règles à la ménopause.

À la ménopause, la baisse des œstrogènes peut provoquer des bouffées de chaleur, des sueurs nocturnes ou encore une sécheresse vaginale. Les bouffées de chaleur sont fréquentes et durent en moyenne 5 à 7 ans, même si elles peuvent parfois persister plus longtemps. En revanche, la sécheresse vaginale peut persister dans le temps, car elle est liée aux niveaux durablement bas d’œstrogènes après la ménopause.

La durée et l’intensité des symptômes varient toutefois beaucoup d’une femme à l’autre et ont généralement tendance à s’atténuer avec le temps.

Plus de questions fréquentes détaillées dans notre article de blog dédié : Questions fréquentes sur la périménopause.